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Les technologies pour le développement durable de l'habitat et des villes

Un cap symbolique a été franchi en 2008 avec plus de la moitié de la population de la planète, soit plus de 3 milliards d'habitants, qui vit désormais en milieu urbain. Cette croissance concerne en premier lieu les pays en développement : selon l'ONU, en 2030, 81 % de la population urbaine mondiale vivra dans ces pays, dont 70 % en Afrique et en Asie. Or, ce seront les populations les plus pauvres qui vont alimenter les premières ce phénomène. Ainsi, la lutte contre la ségrégation sociale et spatiale va s'ajouter aux défis déjà nombreux que les villes du Sud doivent relever tels que les mutations démographiques, le besoin de mobilité, l'accès aux services, la mondialisation et les adaptations aux changements climatiques. Pourtant, la ville agit déjà comme un des principaux moteurs du progrès. L'innovation technologique est à la fois une cause et une conséquence du développement urbain, jouant un rôle déterminant dans la structuration des villes mais incarnant aussi la réponse à de nouveaux besoins qui s'expriment. Face à cet état de fait, la communauté internationale plaide depuis plusieurs années pour un transfert de technologies et la création conjointe de technologies les plus adaptées aux besoins des pays en développement, Cinq domaines en particulier sont propices à ce transfert dans le milieu urbain: l'eau, l'énergie, le transport, l'assainissement et l'habitat.

L'objectif de cet atelier est de s'interroger sur le lien entre technologie et développement en milieu urbain :
- la contribution des technologies contemporaines permet-elle d'envisager la durabilité du développement dans ses dimensions environnementales, sociales et économiques ?
- le rapport établi par les individus avec les technologies selon les secteurs, les besoins et les accès, permet il une appropriation pour tous et par tous?


Les technologies d'information et de communication (TIC) en faveur de l'environnement

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) présentent un potentiel prometteur pour l'environnement dans les pays en développement : l'information mobile et les systèmes de communication sont utilisés pour construire les réseaux de capteurs sans fil et produire des ensembles complets de données sur l'environnement; le réseau GSM peut faciliter le transfert de données pour diverses applications, les réseaux de téléphonie cellulaire et de nombreuses applications Internet contribuent à une meilleure compréhension ou gestion de l'environnement. Bien que ces nouvelles technologies soient disponibles, l'accès des TIC dans les pays en développement reste un défi majeur à relever, tenant compte des obstacles en termes de transfert de technologie pour réduire le fossé numérique, et les efforts à mener pour assurer la durabilité de l'environnement.

Garantir la durabilité de l'environnement est un objectif mondial majeur et l'un des objectifs de développement du Millénaire des Nations Unies dans la lutte contre la pauvreté. Réduire le fossé numérique est aussi une préoccupation dans l'agenda international. Une partie de ce défi environnemental est directement lié à l'économie et à la gouvernance : bien que les ressources puissent être suffisantes, la pauvreté, la concurrence, et l'absence de choix rendent cette durabilité fragile. Une information adéquate et la communication sont essentielles pour obtenir des données, les suivre, gérer l'exploitation des ressources et informer. Lorsque la gestion de l'environnement est inadéquate, les TIC peuvent fournir des solutions novatrices qui favorisent malgré tout la durabilité.

Nous souhaitons que cet atelier crée un débat sur les nouvelles technologies, propose des exemples d'applications et des applications novatrices, qui permettent d'utiliser des TIC dans la gestion de l'environnement de pays en développement. L'atelier vise à échanger des idées et des expériences pilotes impliquant de l'information mobile et des systèmes de communication, des applications GSM, téléphones portables, Internet et autres TIC. L'objectif de l'atelier est d'examiner les nouvelles TIC, afin de discuter d'applications, des conditions de réussite pour leur mise en oeuvre, tels que l'importance de s'attaquer aux défis du développement.


La science et la technologie pour la prévention des risques de catastrophes

Depuis plusieurs décennies, on assiste à travers le monde à une augmentation régulière des catastrophes majeures ainsi que des personnes affectées. Cela concerne particulièrement les catastrophes naturelles de type hydrométéorologiques . Selon les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 2007), cette tendance va vraisemblablement se poursuivre compte tenu des incidences possibles du réchauffement climatique, parmi lesquelles l'augmentation des phénomènes extrêmes considérée comme probable voir très probable. Face à ces risques, les pays ne sont pas égaux, la capacité d'adaptation des sociétés étant étroitement liée à leur niveau de développement. La pauvreté, l'accès inégal aux ressources, sont autant de facteurs susceptibles d'augmenter la vulnérabilité face aux risques naturels et au changement climatique. La science et les innovations technologiques sont des composantes essentielles de la prévention des risques de catastrophe. Elles ont un rôle à jouer à toutes les étapes de la prévention jusqu'à la crise : de l'analyse du risque (identification des aléas et des vulnérabilités), aux mesures de mitigation (diminution des impacts lorsqu'on ne peut éviter le risque) et de préparation (systèmes d'alertes précoce notamment). L'objectif de cet atelier est de réfléchir autour du questionnement : quelles technologies pour quel développement dans le domaine de la prévention de catastrophes naturelles, et comment les rendre plus efficaces face à ces dernières et mieux adaptées aux contextes locaux et à leurs populations.

La technologie pour la production d'énergie durable

La forte croissance démographique, l'industrialisation accélérée des grands pays émergeant sur la scène économique internationale et l'impact environnemental des activités industrielle, agricole et urbaine mettent en question les choix énergétiques opérés au cours des dernières décennies. Face à l'épuisement programmé des combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon) et à leur contribution avérée aux processus de dégradation des conditions de vie sur terre (pollutions, changement climatique), une réduction de la dépendance envers ces ressources énergétiques par nature non renouvelables s'impose. La crise énergétique n'est cependant pas uniquement liée à un problème d'approvisionnement en ressources et de gestion avisée des effluents, elle a aussi des dimensions économique et sociale : extrême volatilité des coûts des combustibles, grandes inégalités dans l'accès aux agents énergétiques, politiques publiques incertaines des prix à la consommation. Ces questions, si elles se posent de manière globale pour l'ensemble de la planète, ont des conséquences particulièrement graves pour les pays en développement (PED). La précarité des populations, qu'elles soient rurales ou urbaines, a également des implications énergétiques : bien que les changements observés dans les modes de vie dans les PED se traduisent par une consommation énergétique globalement en augmentation, un quart de l'humanité compte encore uniquement sur des combustibles « non-commerciaux » issus de la biomasse (bois de chauffe en particulier), alors que 1,6 milliards d'individus n'ont pas accès à l'électricité. Les PED font face à un double défi : accéder à des énergies alternatives et renouvelables, adaptées à leur contexte géographique et climatique à faible impact environnemental; et favoriser l'utilisation des énergies primaires locales, produites à des coûts raisonnables et transformables de manière efficace en énergies utiles, afin de les rendre accessibles à la grande masse des habitants dotés de faibles moyens financiers. L'objectif de cet atelier est de s'interroger sur les liens existant entre énergies, technologies appropriées et développement socio-économique dans les pays du Sud: - en évaluant le potentiel des technologies contemporaines à la durabilité du développement dans ses dimensions énergétiques et environnementales ; - en focalisant l'intérêt des participants au workshop sur les principales innovations dans le secteur énergétique et les conditions de leur adaptation au contexte des PED ; - en posant la question du rapport établi par les individus avec les technologies selon les secteurs, les besoins et les possibilités d'accès.

INFORMATIONS
Laura Bischoff

email:
tech4dev2010@epfl.ch

Tel:
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